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Chaque année, en moyenne, l’armée requiert une trentaine d’officiers et une quarantaine de sous-officiers de carrière nouvellement formés pour assurer la relève.
S’engager dans l’armée, s’engager pour le pays
30.06.2021 | 10:26
L’armée recrute chaque année et forme aussi des apprentis dans tous les métiers.

On l’oublie parfois, mais l’armée est un employeur comme un autre. Notre armée compte au total (forces terrestres et aériennes comprises) environ 100’000 hommes et femmes en uniforme (hors personnel administratif du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports-DDPS). L’écrasante majorité des effectifs est composée de miliciens qui suivent l’école de recrues ou effectuent leurs cours de répétition. Les professionnels de carrière, eux, sont au nombre de 3000, parmi lesquels 750 officiers, 1000 sous-officiers, 960 officiers et sous-officiers spécialistes et 250 pilotes militaires. «Le système suisse d’armée de milice fait que l’institution profite de la formation académique ou professionnelle et des compétences métiers des citoyens soldats lorsqu’ils se trouvent sous les drapeaux. Par exemple, un infirmier dans le civil va être affecté, en tant que milicien, dans les troupes sanitaires, sauf exception, explique le colonel EMG Nicolas Weber, chef de la gestion des engagements et des carrières EM A/BLA/BAC. C’est pour cela que le nombre de militaires de carrière dans notre armée est peu important, car ils sont engagés pour l’encadrement des troupes au sein de l’instruction et/ ou des engagements de l’armée.» À l’instar des entreprises civiles, l’armée a des besoins en personnels et en compétences. «Chaque année, en moyenne, l’armée requiert une trentaine d’officiers et une quarantaine de sous-officiers de carrière nouvellement formés pour assurer la relève (lire aussi l’encadré), indique l’officier supérieur. De plus, l’armée forme chaque année environ 500 apprentis dans tous les métiers.»

Les Romands bien notés
Pour séduire les jeunes, l’armée organise des journées portes ouvertes sur ses principales places d’armes. Elle effectue des présentations dans les établissements d’enseignement. Elle participe aux divers salons des métiers et de la formation. Et se valorise sur les différents réseaux sociaux, un moyen moderne de toucher la jeunes nés vers les années 2000. Nicolas Weber l’assure: «Nous n’avons pas de problème particulier de recrutement ou de sélection. » Selon lui, et contrairement à certaines idées reçues, les Romands présentent de bons profils: «Au niveau linguistique, ils ont moins de difficultés avec l’allemand que les Alémaniques n’en ont avec le français. Les premiers enregistrent généralement de meilleurs résultats aux examens de langues pour devenir officier ou sous-officier de carrière que les seconds.» Les femmes constituent un vivier de talents non négligeables pour l’armée. «Actuellement, elles représentent à peine 1% des effectifs totaux. Si elles sont bien représentées dans les unités de combat, elles sont majoritairement engagées dans les services sanitaire, informatique et logistique, explique le colonel. À long terme, nous visons d’accroître massivement la proportion du personnel féminin. Le défi réside dans le fait que le service militaire n’est pas obligatoire pour les jeunes filles et qu’elles sont uniquement invitées sur base volontaire à participer à une journée d’information. Mais le DDPS fait un effort particulier d’information pour les motiver à franchir le pas.»

Vers un meilleur équilibre vie militaire-vie privée
Attirer les futurs talents n’est pas tout; faut-il ensuite les conserver sur le moyen/long terme. Environ 15% des militaires de carrière ne terminent pas leur vie professionnelle au sein de l’armée. À nouveau comme les entreprises civiles, l’armée réfléchit, elle aussi, à la manière de fidéliser ses troupes. «Parmi les pistes en cours de réflexion, le développement d’une offre de formation professionnelle continue intéressante et la reconnaissance dans le monde du travail civil des formations délivrées par l’armée, afin de garantir et d’améliorer l’employabilité des militaires de carrière», détaille Nicolas Weber. «Il faut aussi savoir s’adapter aux besoins de la nouvelle génération qui souhaite, notamment, un meilleur équilibre entre vie professionnelle militaire et vie privée», indique le colonel. L’armée planche ainsi sur plusieurs pistes de réflexion, explique-t-il. Parmi elles, un nouveau modèle de temps de travail et une adaptation du modèle de développement du personnel. «C’est un vrai défi pour nous. Mais il est important de le relever si nous voulons rester un employeur attractif aux yeux des jeunes», estime le responsable. Certaines de ces mesures pourraient être appliquées dès 2022, estime-t-il.

Perspectives d’évolution intéressantes
En plus de permettre d’exercer une profession hors du commun, l’armée offre des avantages, comme la sécurité de l’emploi et des perspectives d’évolution de carrière et de promotion hiérarchiques intéressantes, «en particulier pour ceux qui ont suivi des cours de perfectionnement en Suisse ou des formations militaires à l’étranger ou encore des engagements au profit de la promotion de la paix, comme la Swisscoy au Kosovo», précise Nicolas Weber. De plus, «certaines valeurs de l’armée, telles que la discipline, la fiabilité et la persévérance, mais aussi certains acquis, comme la capacité à gérer des missions et celle à diriger des équipes, peuvent être utiles ailleurs et plus tard, dans le monde du travail civil», conclut-il.

 

Devenir officier ou sous-officier de carrière Prérequis

Être majeur et de nationalité suisse. Présenter un casier judiciaire vierge. Avoir un CFC, une maturité ou un diplôme de l’enseignement supérieur. Avoir des connaissances dans une deuxième langue nationale. Disposer du permis de conduire (catégorie B). Avoir effectué le service pratique comme officier ou sous-officier supérieur. Réussir les examens d’aptitudes. Formation Enseignement à la conduite et instructions militaires spécifiques. Durées Entre 18 et 42 mois pour les officiers, et 15 ou 24 mois pour les sous-officiers (selon le parcours civil). Lieux de formation Officier: Académie militaire à l’École polytechnique fédérale de Zurich. Sousofficier: École des sous-officiers de carrière à Hérisau (AR). Titres obtenus Officier: Diplôme fédéral d’officier de carrière, bachelor of Arts EPF en sciences politiques, diploma of advanced studies EPF en sciences militaires. Sous-officier: diplôme de sousofficier de carrière. Contrat De type civil, passé avec la Confédération suisse et à durée illimitée. F.B.

Infos www.armee.ch/milak www.armee.ch/busa www.vtg.admin.ch www.orientation.ch

Fabrice Breithaupt