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Organiser un apéro de rentrée est une bonne idée pour contribuer à accueillir les collaborateurs, mais aussi recréer du lien entre eux et l’entreprise.
Rentrée 2021: le défi des cadres
02.09.2021 | 10:13
Télétravail suivi des vacances d’été, les collaborateurs ont été absents pendant de longs mois. Les managers doivent resouder les liens et remotiver les équipes.

La rentrée d’août-septembre de cette année ne ressemblera pas aux autres. Selon les entreprises, les bureaux sont restés vides ou en grande partie vides pendant de nombreux mois. Et pour cause: les employés dont l’activité le permet ont été placés dès la mi-mars 2020 en télétravail forcé suite aux décisions des autorités fédérales pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Et peu de temps après que cette obligation a été levée, à la fin de juin de 2021, ceux-ci ont enchaîné en partant en congé pour les vacances d’été. Résultat: depuis un an et demi, certains travailleurs n’ont pas revu leur bureau ni leurs collègues et supérieurs hiérarchiques autrement que par visioconférence. Jusqu’à cette rentrée, où ils viennent de reprendre le chemin (ou s’apprêtent à le faire) de leur entreprise pour y travailler à nouveau en présentiel (tout ou partie du moins).

 

Le syndrome du «return-out»

Mais si le retour physique au bureau peut être synonyme de bonne nouvelle pour certains salariés, il peut être source de stress pour d’autres. Il peut y avoir l’appréhension de perdre le confort que procure le home office. Il peut également y avoir une forme de phobie sociale vis-à-vis des autres collaborateurs, due à ces longs mois de semi-confinement. Mais aussi de la démotivation. Des employés peuvent souffrir de ce que certains spécialistes du management appellent déjà le return-out, ou «syndrome du retour» (sur le modèle du burn-out).

Particulière donc, cette rentrée l’est singulièrement pour les patrons et les cadres. D’un point de vue management, ceux-ci doivent accueillir les collaborateurs, recréer dulienentre euxetl’entreprise, redonner du sens à leur travail et remotiver le personnel vers de nouveaux objectifs. Un vrai défi. Comment faire pour assurer cette reprise dans les meilleures conditions? Pour Patricia Wendling, spécialiste des ressources humaines, fondatrice du cabinet H/F Human Factor à Paris et auteure du livre «Télétravail, mode d’emploi» (éditeur indépendant), l’une des clés de la réussite est l’écoute, le dialogue: «Il faut prendre le temps de conduire des entretiens de reprise avec chaque salarié, recommande-t-elle. Ces temps d’échange seront riches et contribueront à dessiner ensemble le futur du travail dans les locaux de l’entreprise ou en dehors.»

 

Retrouvailles festives

Dans l’arc lémanique, certaines entreprises semblent l’avoir bien compris, en anticipant depuis quelques semaines déjà le retour de leurs collaborateurs dans leurs locaux. Parmi elles, Europ Assistance Suisse, basée à Nyon. «Ce n’est pas évident pour des employés qui ont travaillé longtemps à distance de revenir sur site, reconnaît Besim Akinci, le directeur général de la filiale helvétique du groupe spécialisé dans l’assistance aux voyageurs. Le retour dans les locaux va se faire et a déjà commencé à se faire de manière progressive, en alternant travail au bureau et à domicile. Pour faciliter les retrouvailles entre nous, nous avons organisé au début de cet été des apéros «physiques». Dans le même but, certaines équipes ont en plus organisé des repas au restaurant entre leurs membres.» Ces solutions font suite à celles que bien des entreprises ont imaginées pour maintenir le contact avec leurs collaborateurs pendant les périodes de semi-confinement. Comme celle d’Europ Assistance Suisse, la direction de Vaudoise Assurances, basée à Lausanne, avait alors organisé des cafés/ apéros virtuels. «Nous avons aussi proposé des cours de sport depuis lamaison, ainsiquedes formations de gestion du stress et de bien-être au domicile», indique Jasmin Barbosa, cheffe de service RH de la compagnie d’assurances. «Des séances collectives etindividuelles ont également été organisées depuis le début de la pandémie par nos managers et le département RH», ajoute-t-elle.

 

Le télétravail maintenu

En outre, une chose est sûre: le télétravail devrait s’inscrire dans la durée. «On ne reviendra pas à la normale comme avant (ndlr: la pandémie)», lance Besim Akinci. Actuellement, environ 50% des effectifs d’Europ Assistance Suisse sont encore en home office. Le télétravail, que l’entreprise pratique depuis 2014 déjà à raison d’un jour par semaine, continuera à être pratiqué, indique-t-il. «Un sondage mené en interne a révélé que la moitié de nos employés souhaitait pouvoir continuer à télétravailler deux jours par semaine. Nous réfléchissons à une nouvelle organisation, qui devrait être mise en place dans la première moitié de 2022», précise-t-il. Idem à Vaudoise Assurances. «À la fin de juin, nous avons communiqué notre politique de télétravail post-Covid à l’ensemble de l’entreprise, explique Jasmin Barbosa, qui rappelle que ce mode de travail était déjà proposé avant la crise sanitaire. Nous allons autoriser, sauf exception, un jour de télétravail d’office pour les collaborateurs à 80% et plus. Nos départements auront la liberté d’octroyer un deuxième jour pour ceux qui le souhaiteraient et pour autant que cela soit possible.

Fabrice Breithaupt