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Partir en vacances sans emporter ses préoccupations liées au travail est primordial pour profiter pleinement de cette période de repos.
Pour que la pause de Noël fasse du bien, il faut d’abord s’en réjouir
16.12.2021 | 11:40
Recharger les batteries est important en cette fin d’année. Mais il faut quelques conditions pour que cela soit profitable. Explications. 

Les fêtes de fin d’année approchent. Pour la majorité d’entre nous, elles vont être synonymes de vacances ou tout du moins de période plus calme au travail. Comment profiter de cette pause pour faire le bilan professionnel de l’année écoulée et repartir travailler d’un bon pied en janvier prochain? Tout d’abord, la période se prête à réfléchir à de nouveaux projets, pour autant qu’on ait le temps de le faire. «La fin de l’année correspond à un cycle qui s’achève, note Julie Zumbühl, psychologue du travail et directrice adjointe de la Clinique du travail à Morges (VD). C’est un temps opportun pour se questionner, donner du sens à son travail, pour prendre des résolutions.» De nombreuses personnes sont sur les rotules après une activité intense durant les derniers mois de l’année. Les Fêtes sont donc propices au repos et à la récupération active. «Par ce terme, on entend tout ce qui va permettre de se relaxer et de se couper du travail, explique Julie Zumbühl. Il ne s’agit pas de rester allongé sur son canapé, mais de dresser le sapin dans son salon, de décorer sa maison, de se changer les idées en faisant autre chose.»

 

Manque de lumière du jour

La pause de Noël est différente de celle de la période estivale. Ce qui change? La durée de la lumière du jour! «Dans nos sociétés occidentales, nous ne respectons pas nos besoins physiologiques, poursuit Julie Zumbühl. Nous sommes beaucoup trop actifs durant cette période où les jours sont courts. En été, on a naturellement beaucoup plus d’énergie. Si on respectait notre métabolisme, on dormirait plus longtemps en hiver et on travaillerait moins. Au lieu de cela, on se lève alors que tout est encore sombre et on rentre du travail quand la nuit est déjà tombée. Certains font même tout le contraire car leur travail est particulièrement intense durant les derniers mois de l’année.» Le résultat ne se fait pas attendre: on a moins d’énergie alors qu’on travaille beaucoup. «La pause de Noël est par conséquent particulièrement nécessaire», souligne la psychologue du travail.

 

Se réjouir des fêtes de fin d’année

Reste que pour être réussie, la récupération de la fin de l’année doit répondre à quelques conditions. En premier lieu, il faut de l’anticipation positive. «Cela signifie qu’on doit se réjouir de ce temps de fête, relève Julie Zumbühl. Revoir des amis, décorer sa maison, profiter de faire un détour et observer les lumières dans la rue. Beaucoup de choses se passent qui rendent l’ambiance très différente que durant le reste de l’année. Si on l’attend avec joie, cela renforcera les effets bénéfiques des vacances par la suite.» Il faut aussi entrer dans cette période sans y amener les soucis du travail. «Il est important de ne pas avoir encore trop de tâches non terminées, insiste Julie Zumbühl. Cela impacte négativement le temps de repos car il est dès lors difficile de se couper du travail. En particulier si l’on continue à ruminer sur les travaux que l’on aurait voulu terminer pour se sentir à l’aise en fin d’année.» Faire table rase des dossiers, répondre aux courriels en retard, ranger sa place de travail, être à jour avec les objectifs que l’on s’est fixés, pour autant qu’ils soient réalistes, sont des gestes importants pour passer de bonnes fêtes. Quitte à mettre un dernier coup de collier avant les vacances. «Ce n’est pas facile car on cumule les tâches à faire au travail avec les exigences liées aux Fêtes: préparer le repas de famille, penser aux cadeaux, etc., reconnaît la psychologue du travail. Les personnes qui anticipent et gèrent leurs activités profitent davantage de leur temps de congé.» Pour autant que l’on ne travaille pas dans un secteur très actif avant les fêtes de fin d’année, Julie Zumbühl note qu’il peut être profitable pour certaines personnes de travailler les derniers jours avant Noël lorsque l’activité se calme, que l’on reçoit moins de mails ou de téléphones car une grande partie des partenaires sont déjà en vacances. «Les gens qui restent au travail sont plus relaxés. On a du temps pour parler à ses collègues, partager un moment convivial. On peut créer un esprit de solidarité comme si on était de piquet alors que les autres sont partis. C’est aussi une différence par rapport à la pause estivale.» 

 

L’aide de la famille 

Les fêtes de fin d’année se passent le plus souvent en famille. Or celle-ci aide aussi à se détacher du travail. «La famille nous y contraint, assure Julie Zumbühl.C’est bien de privilégier sa vie privée à ce moment-là. Cela permet au cerveau de faire une pause des états d’excitation mentale élevée du quotidien professionnel et de mieux se relaxer dans le sens physiologique.» De ce point de vue, le télétravail peut rendre la transition entre travail et temps de repos plus difficile. «Cela peut rendre plus difficile l’anticipation positive, souligne la directrice adjointe de la Clinique du travail. Dans les jours qui précèdent les fêtes de fin d’année, l’ambiance au bureau change: on amène des sucreries, on met une musique de détente quand c’est possible, on va boire un vin chaud, etc. Cela participe à se réjouir des Fêtes. Le télétravail nous prive de cette période de préparation. On risque de ne pas voir venir Noël!»

Laurent Buschini