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en Suisse romande
Les personnes qualifiées sont toujours plus difficiles à trouver pour occuper les postes créés par les entreprises, en Suisse comme ailleurs dans le monde.
Les intentions d’embauche en Suisse sont excellentes dans tous les secteurs
23.09.2021 | 09:39
Les entreprises peinent à trouver des personnes qualifiées pour les postes à repourvoir, souligne l’enquête de Manpower. 

De nombreux employeurs basés en Suisse ont l’intention d’embaucher de nouveaux collaborateurs. La demande n’a jamais été aussi élevée depuis dix ans, assure une étude de Manpower publiée la semaine dernière. Notre pays n’est d’ailleurs pas une exception. Le géant mondial des services en ressources humaines, du recrutement et de l’emploi temporaire a conduit une étude au niveau mondial. Il a interrogé plus de 45’000 employeurs dans 43 pays. Résultat: certains marchés de l’emploi sont plus dynamiques que le nôtre (lire ci-contre). Mais revenons chez nous. Les employeurs ont l’intention d’engager jusqu’à 8% de personnel en plus d’ici à la fin de l’année pour assurer la reprise de leurs activités. Manpower assure que cette situation se retrouve, à des degrés divers, dans tous les secteurs et dans toutes les régions du pays. Cela ne signifie pas que tous les employeurs prévoient d’embaucher. Au contraire, deux tiers d’entre eux pensent maintenir leurs effectifs. Mais une entreprise sur cinq prévoit de recruter de nouveaux collaborateurs alors que 13% craignent d’en licencier. Au niveau national, le rythme de l’embauche devrait être soutenu dans le secteur manufacturier (+12%), alors qu’il sera plus modéré dans la finance et dans les services aux entreprises (+9%)tandis que l’hôtellerie-restauration devrait afficher une croissance de 7% au prochain trimestre. L’est de la Suisse devrait connaître une croissance particulièrement forte, annoncée à 18%. Par rapport à la même période de l’année dernière, le gain est de 17 points de pourcentage (la croissance de l’embauche était de 1% au dernier trimestre de 2020). Cela dit, les cantons de Vaud et de Genève tirent aussi leur épingle du jeu. «Les perspectives d’engagement dans la région lémanique sont globalement très encourageantes, relève Laurent Vacelet, directeur régional pour la Suisse romande, cité dans le communiqué de Manpower. Ces bonnes prévisions concernent la quasi-intégralité des secteurs d’activité tels que les domaines de la construction, des services, mais aussi l’industrie et la production. Ces perspectives se confirment également dans les activités liées à la chimie et à la pharma et sont encore davantage positives pour le domaine de l’horlogerie, tant en ce qui concerne la sous-traitance que la fabrication.» 

 

Pénurie de spécialistes 

Corollaire de cette embellie, les employeurs suisses ont de la peine à trouver des collaborateurs qui répondent à leurs exigences. «Les entreprises sont nombreuses à rechercher des ouvriers qualifiés dans le domaine de la construction, poursuit LaurentVacelet. Les techniciens diplômés se font de plus en plus rares sur le marché. Le secteur tertiaire recherche, quant à lui, activement des spécialistes de la comptabilité, de la finance, du marketing et de l’administration.» Et pourtant la pénurie de ce que les milieux des ressources humaines nomment les talents semble moins prononcée dans notre pays qu’au niveau international. La situation semble même s’améliorer par rapport au trimestre précédent. Alors que 83% des employeurs interrogés alors déclaraient avoir des difficultés à pourvoir les postes vacants, ils n’étaient plus que 57% dans ce cas lors de la dernière enquête portant sur les prévisions d’embauche pour les mois d’octobre, de novembre et de décembre. 

 

Davantage de formation 

«Selon nous, la forte affinité pour la formation continue a conduit à un recul de la pénurie de talents en Suisse, assure Yvonne Baumgartner, directrice générale pour la gestion des talents pour Manpower Suisse, citée dans le communiqué de presse. De nombreux employés ont profité de la période de pandémie pour poursuivre leur formation afin d’accroître leur employabilité et d’être en forme lorsque l’économie se redressera.» Un temps qui semble donc venu. De fait, face à la pénurie de collaborateurs qualifiés, les entreprises, en Suisse et ailleurs, accordentune importance croissante à la formation continue. Il ressort de l’enquêtede Manpowerque 41% d’entre elles investissent dans le développement des compétences de leurs employés. Lementorat est notamment un moyen de transmettre les connaissances à l’internedes entreprises. Deux tiersde ces dernières offrent une plus grandeflexibilité tant auniveaudes horaires que du télétravail. Les employés qualifiés trouvent dans cette pénurie un avantage. «Les spécialistes en particulier peuvent choisir où ils veulent travailler, souligne Yvonne Baumgartner. Le salaire seul est loin d’être l’unique critère: les incitations, telles que la flexibilité des horaires et des lieux de travail ainsi que le coaching et la formation interne, sont très appréciées. De nombreuses entreprises ont procédé à des ajustements, mais nous pensons que le développement en matière de flexibilité du travail n’est pas encore terminé.» 

Laurent Buschini