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Duc Anh Vu, apprenti techniscéniste à la Comédie de Genève, travaille sur «le gril», dans les hauteurs du plateau: «Il ne faut pas avoir le vertige».
Le techniscéniste assure le show
05.05.2022 | 09:57
Artisan de l’ombre et touche-à-tout éclairé, le techniscéniste met ses multiples talents au service du spectacle.

Qui pense spectacle vivant pense souvent aux artistes interprètes qui se produisent sur le devant de la scène. Mais, derrière les rideaux, en régie ou dans les coulisses, les techniscénistes s’activent pour que la magie opère. Ils touchent aussi bien à l’éclairage, à la sonorisation et la vidéo qu’à l’installation de la scène, la construction des décors, les effets spéciaux et la sécurité. Longtemps appris sur le tas, ce métier jouit d’une formation de niveau CFC depuis 2011. Une aubaine pour les jeunes que les arts de la scène électrisent. Parmi eux, Duc Anh Vu. Cet apprenti de 24 ans en première année à la Comédie de Genève tient son rôle dans l’univers exigeant et stimulant de l’art et de la culture. Rencontre.

 

De fil en aiguille

Duc Anh, alors étudiant en psychologie, s’initie à l’événementiel dans le milieu associatif. D’abord au Zelig, espace culturel de l’Université de Lausanne, puis avec ExoBus, scène ouverte itinérante portée par le Conseil des jeunes du chef-lieu vaudois. Mais c’est pendant son service civil à la Manufacture (Haute École des arts de la scène), où sont dispensés les cours du CFC de techniscéniste, que sa vocation technique se confirme. «Auprès des professionnels, j’ai compris que j’avais encore beaucoup à apprendre et que je pouvais faire de ma passion mon métier», raconte le jeune homme.

 

«Rester ouvert et explorer toutes les facettes»

Pour diversifier son expérience, il cherche une place d’apprentissage dans un théâtre et obtient son billet d’entrée à la Comédie de Genève. «J’ai la chance d’évoluer dans un théâtre de création qui explore de nouveaux horizons», s’enthousiasme l’apprenti. Si ce féru de musique rap vibre surtout pour le son, il se découvre aussi un penchant pour la machinerie. Il s’agit de manipuler l’ensemble des installations qui, dans les dessous ou sur les cintres (au-dessus du plateau), permettent l’aménagement et le mouvement du matériel scénique et des décors. «Les techniscénistes sont polyvalents et se spécialisent ensuite dans leur domaine de prédilection. Pour l’instant, je préfère rester ouvert et explorer toutes les facettes», explique Duc Anh. 

 

Exigences élevées 

Dense, la formation dure quatre ans. Elle compte 53 apprentis suisses romands, dont 10% de femmes. Maths, physique, électricité et électrotechnique font partie du cursus. Des cours organisés par artos (Association romande technique organisation spectacle) complètent la pratique en entreprise et la théorie en école. Avant de se lancer, mieux vaut avoir la flamme et savoir à quoi s’attendre. «On bosse le soir, le week-end, on ne mange pas toujours aux bonnes heures, on porte des charges. Mais, quand on a ça dans le sang, on met inévitablement le doigt dans l’engrenage», prévient Claude Parrat, responsable de la filière Techniscéniste CFC à la Manufacture.

 

«On ne s’ennuie jamais»

Duc Anh, lui, pointe les atouts: «On ne s’ennuie jamais. Il y a toujours un truc à bricoler, une solution à trouver. Et on rencontre plein de belles personnes.» Il aime aussi se mettre au service d’une direction artistique tout en exprimant sa créativité, et changer d’univers à chaque projet. Enfin, l’apprenti ne craint pas l’avenir. En évolution, la branche compte divers brevets fédéraux, dont une nouveauté: celui de régisseur technique de spectacle, orientations scène et lumière. Et si les postes fixes à 100% sont rares, «je vous défie de trouver un techniscéniste qualifié libre le week-end ces prochains mois», assure Claude Parrat.

Jennifer Weil