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Avoir des compétences en anglais a de l’importance dans tous les secteurs d’activité.
L’anglais reste un must au travail
09.12.2021 | 14:16
Le niveau de connaissance dans la langue de Shakespeare s’est accru dans tous les secteurs d’activité.

Le semi-confinement dû à la pandémie de coronavirus n’a pas amélioré le niveau d’anglais des Suisses en comparaison internationale. C’est un constat que l’on peut tirer à la lecture de la 11e étude sur les compétences en anglais publiée par EF Education First, l’un des principaux groupes actifs dans les séjours linguistiques et dans l’éducation privée dans le monde. Si l’on en croit l’analyse effectuée dans 112 pays auprès de 2 millions de personnes anglophones mais dont la langue maternelle n’est pas l’anglais, la Suisse figure au 25e rang, en chute de sept places (lire ci-contre). Les Pays Bas conservent leur première place, avec une bonne longueur d’avance sur l’Autriche et le Danemark. Pour la première fois depuis le lancement de l’étude, en 2009, les hommes dépassent les femmes d’une courte tête dans leur niveau de compétences. L’étude se base sur les données des tests en anglais standard passés par les candidats en 2020.

 

L’anglais booste les carrières 

Au-delà des considérations purement linguistiques, la maîtrise de l’anglais a des conséquences sur le monde du travail et la carrière des collaborateurs. Un aspect que l’analyse d’EF Education First étudie dans son rapport publié fin novembre. Parler et lire couramment cette langue permet aux professionnels d’accéder à un large éventail d’informations et de données dans de multiples domaines. La mondialisation de l’économie favorise encore plus l’importance de cette langue internationale, qui permet aux gens venant de divers horizons de communiquer entre eux. L’anglais est toujours plus une exigence de base pour de nombreux postes de travail et pas seulement pour des fonctions de cadres et de management. Elle touche toutes les industries. EF Education First note que le domaine pour lequel on travaille joue de moins en moins d’importance pour le niveau de compétences en anglais. Même si traditionnellement certains secteurs d’activité sont davantage demandeurs de cette compétence linguistique, l’écart entre les meilleurs et les moins bons a diminué de 20% si l’on compare les tests effectués par leurs collaborateurs respectifs de 2012 à 2020. De même, dans un même secteur d’activité, l’écart de compétence entre les personnes qui occupent une fonction de cadre etle personnel aux échelons inférieurs est de moins en moins perceptible. Cela signifie que le niveau de connaissance global s’est accru ces dernières années, mais aussi que les niveaux hiérarchiques dans les entreprises ont tendance à se réduire.

 

Différences selon les fonctions

Cependant, des différences existent encore. Si l’on compare les fonctions, tous secteurs confondus, les personnes qui occupent des postes dans les domaines du marketing, du droit, de la stratégie et de l’informatique ont davantage de compétences en anglais que celles qui travaillent dans les services administratifs, dans la comptabilité, dans les secteurs de production ou de maintenance. Cela s’explique par le fait que tous les postes n’exigent pas une connaissance élevée d’anglais. Cela dit, la compétence linguistique est l’un des facteurs importants qui favorisent la mobilité professionnelle au sein d’une entreprise ou dans un secteur d’activité. L’analyse menée par EF Education First montre aussi une corrélation entre les compétences en anglais des collaborateurs et le degré d’innovation d’un secteur d’activité. Une relation que l’on retrouve dans la compétitivité des entreprises. Celles qui sont dotées d’une équipe de direction aux compétences anglophones élevées tirent davantage parti des innovations et attirent des collaborateurs mieux formés. Cela dit, les entreprises emploient en général des collaborateurs qui ont un niveau d’anglais inférieur à leurs besoins, poursuivent les auteurs de l’étude. En conséquence, cela se traduit par des pertes de temps pour comprendre des communications dans la langue de Shakespeare et à un partage inefficace de connaissances fournies dans cette langue, voire à des difficultés d’établir des contrats à l’international.

 

Revenus plus élevés 

La connaissance de l’anglais peut aussi être corrélée au produit intérieur brut. Plus les compétences sont élevées, plus le revenu par habitant est élevé. L’anglais est devenu une matière si fondamentale que la langue va faire son apparition dès 2025 dans les études PISA (programme international pour le suivi d’acquis des élèves) menées tous les trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques, aux côtés de la lecture, des mathématiques et des sciences. 

Laurent Buschini