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en Suisse romande
Camille Boscardin, assistante à la filière en soins infirmiers, dans une salle de pratique située au sein de la Haute École de santé (HEdS) de Genève.
Épidémie de vocations pour les soins infirmiers en Suisse romande
14.10.2021 | 11:53
Le nombre d’étudiants dans les hautes écoles de santé a augmenté de manière exceptionnelle cette année.

Plus de 1000 étudiants en soins infirmiers ont entamé cette année leur cursus dans l’une des sixhautes écolesde santé (HEdS) de Suisse romande, soit 20% de plus par rapport à l’an passé. Cette augmentation exceptionnelle des vocations interroge d’autant plus dans un métier où les professionnels restent actifs en moyenne quinze ans et où un tiers du personnel infirmier de moins de 35 ans et plus de la moitié des plus de 50 ans ont déjà quitté la profession. L’engagement des infirmières et des étudiants dans les hôpitaux pour faire face à l’afflux des malades lors de la pandémie du Covid-19 et l’assurance de trouver un emploi dans un système de santé enmanque chronique de professionnels expliquent en partie cet engouement. Quoi qu’il en soit, accroître les effectifs en formation reste indispensable pour couvrir à terme l’augmentation des besoins et les départs à la retraite.

 

Formation en évolution 

Parallèlement, les HEdS calibrent leur formation pour que les futurs professionnels exercent dans les meilleures conditions et restent actifs dans nos systèmes de santé. Particulièrement exigeant sur les aspects théoriques et pratiques à maîtriser, le bachelor en soins infirmiers fait la part belle à la pratique avec six stages à effectuer durant les trois ans de formation (lire ci-dessous). Le but des stages est de confronter les étudiants au monde professionnel et de cultiver les compétences spécifiques à leur métier. «Avec le nouveau plan d’études cadre qui sera effectif à la rentrée prochaine, nous allons être encore davantage en lien avec la réalité du terrain», souligne Walter Zecca, responsable de la filière en soins infirmiers à la HEdS de Genève. «Durant leurs stages, nos étudiants seront confrontés, dans des contextes de soins variés, à davantage de moments d’activité différents.»

 

Exercices de simulation 

«Nos étudiants doivent répondre aux défis de demain avec des prises en charge de plus en plus complexes qui ne peuvent plus se faire par un seul soignant», reprend Walter Zecca. Au Centre inter professionnel de simulation utilisé par les cinq filières de la HEdS de Genève, la faculté de médecine et l’école de pharmacie, les futurs professionnels développent une coordination interdisciplinaire et un langage commun au profit du patientlors d’exercices de soins aigus ou chroniques complexes avec des mannequins haute-fidélité ou des patients simulés. «Cet apprentissage par l’erreur leur permet de tester des soins dans un contexte d’accompagnement qui leur permet d’être plus sereins. Ils seront ainsi mieux préparés face aux patients dans des situations qui se complexifient au fil des stages», poursuit-il. D’autres simulations en lien avec la santé publique et les préoccupations de terrain leur permettent d’exercer une des premières compétences du rôle d’expert infirmier, l’évaluation clinique. «En deuxième année, dans le Valde-Travers, nos étudiants participent, avec ceux de la filière sages femmes, les ambulanciers et des pompiers, à un exercice de catastrophe grandeur nature afin de gérer des situations aiguës et de crise. Chacun a ses fonctions et apprend ainsi à coopérer, faire du tri, gérer de l’urgence et donner des ordres», commente Walter Zecca.

 

L’infirmier du futur 

Pour le responsable de la filière, «les infirmiers de demain seront davantage dans la communauté, soit sur des axes prévention-promotion de la santé, soit sur du maintien à domicile qui va se développer, tout en collaborant avec des équipes mixées et coordonnées. Nous sommes donc dans la bonne cible à former des généralistes qui pourront s’adresser à toute une partie de la population, quels que soient l’âge et la problématique de santé.» Avec des activités de traitements et de diagnostic exercées en grande autonomie, l’infirmier de demain devra aussi être à jour avec les outils techniques et la santé numérique. Il devra comprendre et maîtriser toutes ces informations pour les transmettre à des patients mieux informés et exigeant un droit de regard sur leur santé. 

Martine Andrey