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Yoann Etheve, pré-apprenti constructeur métallique (à gauche), et Julie Dané, récemment diplômée du CFC de dessinatrice-constructrice.
Du dessin à la réalisation, le métal dans tous ses états
23.06.2022 | 12:34
La construction métallique offre des places d’apprentissage et de solides perspectives d’emploi. Témoignages de deux jeunes qui ont trouvé leur voie dans cet univers fascinant.

«Attention, l’atelier peut s’avérer dangereux!» Le ton est donné lorsqu’on foule l’entrée de l’entreprise familiale de métal CMDS à Plan-les Ouates (GE). Des gerbes d’étincelles de soudure d’un côté, d’impressionnantes barres de métal de l’autre. Voilà l’environnement dans lequel évolue avec aisance Yoann Etheve, pré-apprenti constructeur métallique. «Je connaissais déjà un peu le milieu puisque mon père exerce le métier, explique le jeune âgé de 22 ans. Mais c’est le stage de pré qualification*, lancé en janvier, qui m’a convaincu.» 

 

Des techniques complexes

 

Façades, escaliers, charpentes métalliques, fenêtres ou portes. Gigantesques ou miniatures, les éléments sur lesquels travaillent les professionnels varient en taille et en matériau à chaque projet. Et le métier n’est pas uniquement manuel. Il nécessite, par exemple, une bonne connaissance des matériaux ainsi que des machines. «Le constructeur métallique est polyvalent. Il travaille l’acier, l’inox, l’aluminium, le cuivre ou le laiton. Il sait user de la cisaille, la plieuse, la perceuse ou encore la scie», détaille Yoann. Le jeune passionné a d’ailleurs hâte d’entamer son apprentissage pour s’essayer davantage aux machines. «La formation dure quatre ans. J’y vais confiant, avec un bagage professionnel déjà conséquent. Et puis, je me réjouis de retourner sur les bancs de l’école», confie-t-il.

 

Travail à quatre mains

Quelques marches franchies, et on retrouve le calme. Les étages de l’entreprise formatrice sont affectés à la réalisation de dessins sur plan. Feuilles volantes et crayons se substituent ici à la suie et aux machines. «Les dessinateurs-constructeurs commencent leurs plans sur papier. Lorsqu’ils en reçoivent les cotes, ils les transposent sur ordinateur pour une visualisation en 2D, voire en 3D», commente Julie Dané, récemment diplômée du CFC dans le domaine. Elle est l’une des rares femmes ayant suivi la formation professionnelle de dessinatrice-constructrice sur métal, récompensée par le Prix Pionnière du Bureau pour l’égalité ainsi que le Prix de l’Université de Genève. La lauréate souligne l’étroit lien nécessaire entre le dessinateur et le constructeur métallique: «Les constructeurs réalisent ce que les dessinateurs conçoivent. Pour que le plan soit réalisable, j’ai constamment besoin des avis de mes collègues. Il n’est donc pas rare que je descende à l’atelier leur demander conseil.» Ce qu’ils apprécient le plus dans leur métier? Ici encore, Julie et Yoann se concertent et sont immédiatement d’accord: «Être partie prenante à toutes les étapes du métal: de son dessin en entreprise jusqu’à sa pose sur le chantier, en passant par sa fabrication à l’atelier.» Même si les perspectives professionnelles paraissent encore lointaines pour Yoann, il se verrait bien continuer avec un CFC de dessinateur. Quant à Julie, elle poursuivra avec le brevet fédéral. 

Léonore Ehrsam-Bimpage