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Céline Pilloud, ingénieure en microtechnique, a conçu une armoire électrique, en a réalisé le schéma électrique et le câblage avant de la programmer et de la mettre en service.
Devenir ingénieure après un apprentissage technique
28.10.2021 | 10:32
Il existe plusieurs voies de formation pour devenir ingénieur. Le CV de Céline Pilloud témoigne de son parcours par la voie professionnelle.

Engagée en novembre 2020 dans une entreprise de la région lémanique spécialisée dans la fabrication de matériel pour le domaine médical, Céline Pilloud venait tout juste d’obtenir son bachelor HES d’ingénieure en microtechnique. La richesse de son CV et son expérience professionnelle ont été deux atouts décisifs. À la fin de l’école, une quinzaine d’années plus tôt, l’adolescente qu’elle était alors avait choiside se lancer dans un apprentissage d’automaticienne, un métier qui combine idéalement mécanique, électricité et informatique. «Petite, j’aimais bricoler avec mon père, j’ai même démonté un fer à repasser, se remémore la jeune femmede 32 ans. Je suis intéressée par les mécanismes et j’ai toujours voulu travailler de mes mains.» Son CFC en poche, elle a obtenu un poste dans son entreprise formatrice, leader dans la fabrication d’équipements industriels. Pendant six ans, elle a voyagé dans toute l’Europe et même au Japon pour faire du montage, de la révision ou du dépannage de systèmes industriels: «À cette époque, j’ai dormi plus souvent à l’hôtel que chez moi!»

 

Reprendre des études 

À l’âge de 25 ans, Céline Pilloud a cependant commencé à nourrir le projet de reprendre des études. «J’avais envie d’apprendre plus de choses… Je me disais que je pourrais utiliser mes connaissances dans la conception et l’imagination de nouveaux systèmes en plus de réparer des machines.» Avant de se lancer dans l’aventure, la jeune femme a pris le temps de faire le point sur sa situation. «Je me suis demandé si je serais capable d’étudier et d’apprendre, de passer d’une activité essentiellement debout à une activité assise face à un écran.» C’est dans cet état d’esprit que Céline Pilloud s’est rendue aux portes ouvertes de l’École technique de la vallée de Joux (ETVJ) pour se renseigner sur la formation de technicienne ES en microtechnique. «Un diplôme ES est une plus-value sur le marché du travail.» La question financière s’est également posée à l’employée, indépendante financièrement depuis plusieurs années. «J’allais passer d’un bon salaire à une bourse d’étudiante, à une situation où chaque sou compte.» Grâce à sa formation initiale et ses compétences d’automaticienne, Céline Pilloud a cependant pu travailler pendant les vacances académiques chez son ancien employeur et d’autres entreprises de la région «pour renflouer la caisse». Dans le courant de sa deuxième année de formation à l’École supérieure ES de l’ETVJ, la future diplômée – qui obtiendra un prix pour son engagement personnel – se questionne à nouveau: continuer en haute école spécialisée HES ou non? Une fois sa décision prise, elle a hésité entre le bachelor en microtechnique et technique médicale proposé par la HES bernoise, une spécialisation qui l’intéressait déjà, et le bachelor microtechnique option mécatronique de la HEIG-VD. Mais elle ne se voyait pas suivre une formation bilingue en raison de sa maîtrise insuffisante de l’allemand. «À l’école d’ingénierie d’Yverdon, j’ai dû beaucoup travailler. Bien que je sois à l’aise avec les maths, la charge de travail était énorme. Il y a beaucoup plus de maths qu’en ES, celle-ci étant axée à 50% sur les travaux pratiques. À la HEIG-VD, nous n’avions pas droit à une machine à calculer ou à des formulaires.»

 

Conception et atelier 

Il y a bientôt une année, Céline Pilloud a été engagée dans son actuelle entreprise pour améliorer les procédés. «Mon défi de tous les jours, c’est de trouver des solutions pour améliorer la productivité, de faire en sorte que les machines, qui sont très spécifiques, aillent plus vite sans que l’opérateur doive lui-même aller plus vite.» Elle partage son temps de travail entre la conception, au bureau, et l’atelier, où elle réalise par exemple des tests d’automation, mais assume également des tâches de maintenance. «Il faut notamment trouver rapidement des solutions pour faire face à des événements imprévus afin de satisfaire nos clients, puis résoudre les problèmes en identifiant les causes racines, explique-t-elle. Tous les savoirs sont valorisés dans une entreprise comme la nôtre. Chaque ingénieur est responsable d’un domaine: automation, processus, conception mécanique et maintenance.» Elle même a une vision globale, grâce à sa formation initiale d’automaticienne. Il était naturel qu’elle gère les projets d’automation dans cette entreprise en pleine expansion.

Corinne Giroud