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David Da Silva Marques, 18 ans, et Allissia Luder, 22 ans, tous deux apprentis Interactive Media Designers au Centre de formation professionnelle Arts, Genève.
De l’art à l’écran
23.09.2021 | 09:47
Dans l’océan numérique, le métier artistique et technique d’Interactive Media Designer se distingue du flux. 

Connaissez-vous les Horribles Cernettes? En 1992, à Genève, la photo de ce groupe de musique amateur est la première image diffusée sur le web, alors dévolu à l’échange d’informations scientifiques. Depuis, notre rapport à la Toile a bien changé. Les supports et les médias se multiplient, les visuels supplantent le texte, l’expérience numérique se veut sensorielle et interactive. Dès lors, les professionnels dotés d’un bon sens artistique qui maîtrisent les outils numériques et leur évolution sont recherchés. À l’instar des Interactive Media Designers. Conjuguer art et informatique, c’est précisément ce qui a poussé David Da Silva Marques vers cemétier de la communication visuelle. «Les jeux vidéo me passionnent. J’ai développé un intérêt pour l’animation 3D et la programmation», explique l’apprenti en quatrième année au Centre de formation professionnelle Arts (CFP Arts) à Genève.Avec esthétisme,l’Interactive Media Designer décline l’information dans tous les moyens de communication numériques rencontrés au quotidien, comme les sites internet et les applications mobiles. Il élabore et conduit des projets multimédias singuliers. Il produit et intègre des images, des sons, des vidéos et des animations 2D ou 3D. «Beaucoup de jeunes s’engagent dans notre formation par attrait pour le dessin d’animation ou le film. Il ne faut pas sous-estimer l’aspect technique, dont le codage», avertit Judith Behar, responsable de la filière. 

 

Canaliser ses idées 

Exigeant,le cursus dispense un panel de compétences. Mais chaque Interactive Media Designer en herbe a son domaine de prédilection. Allissia Luder s’est découvert une passion pour la vidéo. «Il faut définir ce qu’on veut raconter et comment. Puis il y a le tournage, l’extérieur, les belles rencontres. Pendant le montage, seule avec mes rushs, j’entre à nouveau dans un processus créatif», pétille la jeune femme. La dernière année d’apprentissage sonne l’heure du travail de diplôme. L’occasion aussi stressante que stimulante d’explorer un thème, de laisser libre cours à sa créativité, à ses préférences. Le plus difficile? Gérer le flot d’idées. «Quand on est mandatés, on est sur une route. Là, on part en plein désert», image David. «Deux cents heures de travail nous attendent et le rendu doit être parfait. Même si l’artiste n’est jamais à 100% satisfait du résultat», confie Allissia.

 

De la rigueur 

Outre la créativité, les compétences artistiques requises englobent la capacité de donner forme à ses idées, en particulier dans l’environnement numérique. Mais ce n’est pas tout. Car pour assurer la charge de travail nécessaire à la réalisation d’un produit, lequel doit généralement respecter pléthore de critères techniques, discipline et méthode sont de rigueur. «Nos élèves sont préparés au monde professionnel, avoir de bonnes idées ne suffit pas», souligne Judith Behar. Communication, développement web, audiovisuel, médias, les débouchés sont multiples. Féru de technologie, David projette des études supérieures dans cette veine. S’il adorerait intégrer l’industrie du jeu vidéo, il se dit réaliste et prêt à accueillir les opportunités. Allissia, elle, fera de la vidéo, peut-êtreducinéma, en Suisse ou à l’étranger. 

Jennifer Weil