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Le port du masque est encore recommandé dans tous les espaces clos lorsque la distance de 1,5 mètre ne peut pas être respectée entre travailleurs
Coronavirus et hygiène au travail: ne pas baisser la garde trop vite
09.09.2021 | 13:45
Selon les circonstances, il est recommandé de respecter encore les mesures de protection, même pour les employés vaccinés, surtout dans les bureaux.

La vaccination contre le Covid-19 progresse en Suisse. Mais la pandémie de coronavirus n’a pas encore fini de sévir. Les retours de vacances d’été pourraient lui donner un coup de fouet. Au travail (comme ailleurs dans la vie sociale), les règles d’hygiène recommandées par les autorités continuent donc de s’appliquer. Ce que certains employeurs et employés semblent parfois oublier.

 

Bas les masques… ou pas ?

Oui et non. Si une distance de 1,5 mètre au moins entre collègues peut être assurée, porter un masque (en tissu ou chirurgical, hors protections faites maison) n’est plus obligatoire. Si tel n’est pas le cas, son port est obligatoire. Toutefois, des exceptions existent. C’est le cas pour les établissements qui accueillent du public, comme les commerces, La Poste, les EMS, etc., où porter cet équipement de protection individuel est obligatoire en tout temps. Idem dans les véhicules d’intervention et de secours (police, ambulance, etc.), qui sont considérés comme des lieux de travail et où la distance de 1,5 mètre ne peut pas être respectée en raison de l’exiguïté de l’habitacle. Globalement, le port du masque est recommandé dans tous les espaces clos où la distance de 1,5 mètre ne peut pas être respectée entre travailleurs. Cette règle ne vaut pas que pour les bureaux individuels, mais aussi pour les bureaux collectifs plus vastes (de type open space). Elle prévaut aussi sur les chantiers de construction lorsque les ouvriers travaillent dans un espace fermé et mal aéré. «Cependant, le port du masque seul ne peut pas constituer une mesure suffisante, souligne Charlotte Roux-Denninger. Dans les espaces clos, avec ou sans le masque, il convient d’aérer régulièrement les locaux, car le renouvellement de l’air fait diminuer la concentration d’air expiré contenant potentiellement du virus.»

 

Gel hydroalcoolique… stop ou encore? 

Oui. Son utilisation permet de diminuer significativement la quantité de virus qui pourrait se trouver sur nos mains, et donc ce que les scientifiques appellent la «transmission manuportée»; en clair, en touchant quelqu’un d’autre ou en touchant des objets que d’autres vont toucher par la suite. 

 

Distanciation sociale... toujours nécessaire?

Oui. La distance interpersonnelle de 1,5 mètre reste une mesure efficace puisque, si elle est respectée, elle permet de réduire le nombre de personnes dans un même espace. «Ne pas respecter la distanciation interpersonnelle pendant plus de quinze minutes sans mesure de protection est un critère pour être placé en quarantaine si l’on n’est pas immun», avertit l’infirmière. Au fait, d’où vient ce chiffre? «Il correspond à la distance requise pour une gouttelette, émise par exemple par la toux ou le chant, avant de retomber au sol sous l’effet de la gravité, expliquet-elle. Si vous vous tenez à moins de 1,5 mètre d’une gouttelette contenant du virus, vous pouvez l’inhaler et vous infecter. La distance interpersonnelle reste donc une mesure à rechercher dès que possible.» La spécialiste ajoute: «Les mesures de protection précitées (ndlr: port du masque, hygiène des mains et dessurfaces, distanciation sociale et aération des espaces clos) ne sont efficaces que si elles sont appliquées conjointement: elles se potentialisent.»

 

Salles de réunion: quelles règles respecter?

Les réunions de travail sont «jaugées» par la capacité d’accueil des salles dédiées. Il est recommandé de respecter la distance sociale de 1,5 mètre entre les collègues (soit 2,25m² par personne). Lorsque cette distance ne peut pas être respectée, le masque doit alors être porté, le gel hydroalcoolique utilisé, les surfaces de contact nettoyées et la salle aérée. «Les personnes qui ressentent des symptômes ne doivent pas participer aux séances, se faire tester immédiatement et se conformer aux consignes d’isolement de l’OFSP dans l’attente du résultat du test», ajoute Charlotte Roux-Denninger.

 

Et en salles de déjeuner?

Les règles qui s’appliquent dans la restauration collective sont différentes de celles de la restauration classique: «Les collaborateurs doivent consommer assis, et la distance entre chaque personne à table doit être respectée», explique la spécialiste.

 

Quid des voyages d’affaires? 

Tout dépend des règles en vigueur dans le pays ou la région où le travailleur se rend. Il convient donc de bien se renseigner avant d’envisager un séjour à l’étranger pour des raisons professionnelles. Et de respecter les règles sanitaires recommandées localement une fois sur place. «Ici peuvent aussi s’appliquer celles relatives au transport international de voyageurs, notamment à l’entrée en Suisse», complète Charlotte Roux-Denninger. 

 

Fin du télétravail recommandé: oui, mais…

La spécialiste relève que «le télétravail diminue la concentration de personnes sur place dans un même espace clos, et donc diminue le risque de transmission. En cela, il reste recommandé.» «Le personnel vulnérable non immun qui fait valoir sa vulnérabilité à l’aide d’un certificat médical bénéficie de mesures de protection spécifiques dont le télétravail fait partie», ajoute-telle. Elle rappelle que les entreprises ont la possibilité de proposer à leurs employés de se faire tester (s’ils le souhaitent) une fois par semaine. Le test est gratuit (pour le moment encore) pour les patrons comme pour leurs salariés, puisque son coût est pris en charge financièrement par la Confédération (hors frais logistiques). 

 

Vaccinés… et dispensés de toutes ces mesures? 

Non. Les employés vaccinés ne sont exemptés d’office ni de porter le masque, ni de se laver régulièrement les mains, ni de respecter la distanciation sociale dans les situations décrites plus haut. «Il existe toujours un risque d’être contaminé et d’être contagieux même si l’on est vacciné», insiste Charlotte Roux-Denninger. Et la professionnelle de santé de conclure en rappelant que, dans les entreprises, «l’employeur a le devoir de protéger la santé de ses employés».

 

Fabrice Breithaupt